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Terminale : Arithmétique dans \(\mathbb{Z}\)

1. Divisibilité

1.1. Division euclidienne

Théorème 1.

Soient \(a \in\mathbb{Z}\), \(b\in\mathbb{Z}^*\).

Il existe un unique couple d'entiers \((q,r)\) tel que \(a=bq+r\) avec \(0 \leq r < |b|\).

L'entier \(q\) est appelé le quotient et \(r\) le reste.

Preuve

Preuve.

Unicité :
Supposons qu'il existe deux couples d'entiers \((q,r)\) tel que \(a=bq+r\) avec \(0 \leq r < |b|\) et \((q',r')\) tel que \(a=bq'+r'\) avec \(0 \leq r' < |b|\).
On a donc \(b(q-q')=r-r'\).
D'où \(|b||q-q'|=|r-r'|<|b|\). Comme \(b\neq0\), on obtient \(|q-q'|<1\). \(q\) et \(q'\) étant des entiers, on obtient que \(q=q'\).
D'où \(a-bq=a-bq'=r=r'\).
Ainsi l'unicité est vérifiée.

Existence :
Supposons \(b>0\):
Posons l'ensemble \(A=\{m\in\mathbb{Z} \text{ , } mb \leq a\}\).
\(A\) est non vide et majoré, ainsi il admet un plus grand élément qu'on note \(q\).
Posons \(r=a-bq\).
Comme \(q\in A\), on \(bq\leq a\) donc \(r \geq 0\). De plus, \((q+1)b \notin A\). Donc \((q+1)b>a\).
Ainsi, \(b>a-bq\) i.e. \(r Si \(b<0\), on applique le même raisonnement à \(-b\).
Ainsi l'existence est vérifiée.
Ce qui achève la démonstration.

Définition 1.

Soit \(a,b\in\mathbb{Z}\).
On dit que \(b\) divise \(a\) si et seulement si il existe \(k \in\mathbb{Z}\) tel que \(a=bk\).
Et on note \(b|a\).

Théorème 2.

Soient \(a \in\mathbb{Z}\), \(b\in\mathbb{Z}^*\).

On dit que \(b|a\) si et seulement le reste de la division euclidienne de \(a\) par \(b\) est nul.

Preuve

Preuve.

Si \(b|a\) alors il existe \(k\) un entier tel que \(a=bk + 0\).
Donc par unicité de la division euclidienne, le reste est nul.

Réciproquement si le reste est nul alors il existe \(q\) un entier tel que \(a=bq+0\) ce qui revient à dire que \(b|a\).

Théorème 3.

Soient \(a,b,c,d\in\mathbb{Z}\)
1. Si \(a|b\) et \(c|d\) alors \(ac|bd\).
2. Si \(a|b\) et \(a|c\) alors \(\forall u,v \in\mathbb{Z}, a|bu +cv\).
3. Si \(c \neq 0\), alors \(ac \mid bc \iff a \mid b\).

Preuve

Preuve.

1. Si \(a|b\) et \(c|d\) donc il existe \(k,k'\in\mathbb{Z}\) tels que \(b=ka\) et \(d=k'c\). D'où \(bd=kk'ac\).
En posant \(k"=kk'\), on a, \(k"\in\mathbb{Z}\). Ainsi \(bd=k"ac\), i.e \(ac|bd\).

2. Si \(a|b\) et \(a|c\) donc il existe \(k,k'\in\mathbb{Z}\) tels que \(b=ka\) et \(c=k'a\).
Soient \(u,v \in\mathbb{Z}\), \(bu +cv=uka + vk'a\), i.e \(bu +cv=(uk + vk')a\), or \(uk + vk'\in\mathbb{Z}\). Donc par définition, \(a|bu +cv\).

3. Soit \(c \neq 0\).
Si \(ac|bc\), donc il existe \(k,\in\mathbb{Z}\) tel que \(bc=kac\). Comme \(c \neq 0\) alors obtient \(b=ka\) i.e \(a|b\).
Si \(a|b\) alors il existe \(k,\in\mathbb{Z}\) tel que \(b=ka\). Ainsi en multipliant par c, on a \(bc=kac\), i.e \(ac|bc\).

1.2. Congruence

Définition 2.

Soient \(a,b,n\in\mathbb{Z}\).
On dit que \(a\) est congru à \(b\) modulo \(n\) si \(n|b-a\). Et on note \(a \equiv b\ [n]\).

Théorème 4. (Propriétés de la congruence)

Soient \(a,b,c,d\in\mathbb{Z}\).
1. La congruence est compatible avec l'addition. Si \(a \equiv b\ [n]\) et \(c \equiv d\ [n]\) alors \(a+c \equiv b+d\ [n]\).
2. La congruence est compatible avec la multiplication. Si \(a \equiv b\ [n]\) et \(c \equiv d\ [n]\) alors \(ac \equiv bd\ [n]\).
3. On a \(a \equiv a\ [n]\)
4. Si \(a \equiv b\ [n]\) alors \(b \equiv a\ [n]\)
5. Si \(a \equiv b\ [n]\) et \(b \equiv c\ [n]\) alors \(a \equiv c\ [n]\)

Preuve

Preuve.

1. Si \(a \equiv b\ [n]\) et \(c \equiv d\ [n]\). Alors il existe \(k,k'\in\mathbb{Z}\) tels que \(nk=b-a\) et \(nk'=d-c\).
D'où \(n(k-k')=(b+d)-(a+c)\), i.e \(a+c \equiv b+d\ [n]\).

2. Si \(a \equiv b\ [n]\) et \(c \equiv d\ [n]\), alors il existe \(k,k'\in\mathbb{Z}\) tels que \(nk+b=a\) et \(nk'+d=c\).
D'où \(n\underbrace{(nkk'+k'b+kd)}_{\in\mathbb{Z}}}+bd\). D'où \(ac \equiv bd\ [n]\).

3. \(a=a+n\times0\). Ainsi \(a \equiv a\ [n]\)

4. Si \(a=nk+b\) donc \(a-nk=b\). Ainsi en posant \(k'=-k\), on a \(a+nk'=b\) i.e \(b \equiv a\ [n]\).

5. Si \(a=nk+b\) et \(b=nk'+c\), alors \(a=nk+nk'+c\), i.e \(a=n\underbrace{(k+k')}_{\in\mathbb{Z}}+c\) i.e \(a \equiv c\ [n]\).

ATTENTION : On ne peut pas diviser par un même nombre les deux membres d'une congruence !!
Exemple : \(15 \equiv 5\ [10]\) mais en voulant diviser par 5, \(5 \not\equiv 3\ [10]\).

Définition 3. (Inversible modulo n)

Soient \(a,n\in\mathbb{Z}\).
\(a\) est dit inversible modulo \(n\) si il existe \(b\in\mathbb{Z}\) tel que \(a\times b \equiv 1\ [n]\). \(b\) est appelé inverse de \(a\) modulo \(n\).

2. PGCD : Les bases

2.1. Définition

Définition 4.

Soient \(a,b\in\mathbb{Z}\).
Le pgcd de \(a\) et \(b\) est le plus grand diviseur commun à \(a\) et \(b\).
On le note \(pgcd(a,b)\) ou \(a \wedge b\).

2.2. Recherche d'un PGCD

Théorème 5. (Lemme d'Euclide)

Soient \(a,b\in\mathbb{Z}^*\).
Si la division euclidienne de \(a\) par \(b\) donne \(a=bq+r\) avec \(q\) le quotient et \(r\) le reste.
Alors \(\boxed{a\wedge b = b\wedge r}\).

Preuve

Preuve.

Notons \(D(a,b)\) l'ensemble des diviseurs communs à \(a\) et \(b\).
Montrons par double inclusion que \(D(a,b) = D(b,r)\).
Si \(d \in D(a,b)\), alors \(d\) divise \(a\) et \(b\) donc \(d\) divise toutes combinaisons linéaires de \(a\) et \(b\) ainsi \(d\) divise \(a-bq=r\). D'où \(d \in D(b,r)\).
Si \(d \in D(b,r)\) alors \(d\) divise \(b\) et \(r\) donc \(d\) divise toutes combinaisons linéaires de \(b\) et \(r\) ainsi \(d\) divise \(bq+r=a\). D'où \(d \in D(a,b)\).
Ainsi \(D(a,b) = D(b,r)\). Ainsi, ces deux ensembles le même plus grand élément.
Donc \(\boxed{a\wedge b = b\wedge r}\).

Théorème 6. (Algorithme d'Euclide)

Soient \(a,b\in\mathbb{Z}^*\).
Pour calculer \(a\wedge b\), on réalise des divisions euclidiennnes successivement.
Le dernier reste non nul obtenu par l'algorithme d'Euclide est le PGCD de \(a\) et \(b\).

Exemple 1.

Déterminer le pgcd de 116 et 54.
On remarque que : \(116 = 2\times54 + 8\)
Or \(D(116,54) = D(54,8)\). Donc effectuons la division euclidienne de 54 par 8.
On a \(54=6\times8+6\)
De même :
On a \(8=1\times6+2\)
De même :
On a \(6=3\times2 +0\)
Ainsi le dernier reste non nul est 2.
Donc \(\boxed{116\wedge 54 =2}\).

3. Éléments premiers entre eux

3.1. Théorème de Bézout

Définition 5.

Soient \(a,b\in\mathbb{Z}^*\).
On dit que \(a\) et \(b\) sont premiers entre eux lorsque le seul diviseur commun positif entre \(a\) et \(b\) est 1.
Cela revient à dire que \(a\wedge b=1\).

Exemple 2.

1. 6 et 7 sont premiers entre eux.
2. 6 et 4 ne sont pas premiers entre eux car 2 divise 6 et 4.

Théorème 7. (Théorème de Bézout)

Soient \(a,b\in\mathbb{Z}\).
\(a\) et \(b\) sont premiers entre eux si et seulement s'il existe \(u,v\in\mathbb{Z}\) tels que \(au+bv=1\).

Preuve

Preuve.

Si on a \(au+bv=1\).
Soit \(d\) un diviseur commun à \(a\) et \(b\) donc \(d\) divise toutes combinaisons linéaires de \(a\) et \(b\), en particulier \(d|au+bv=1\). Ainsi \(|d|=1\). Donc \(a\) et \(b\) sont premiers entre eux.

Réciproquement, si \(a\) et \(b\) sont premiers entre eux, d'après le l'algorithme d'Euclide, on pourra trouver deux entiers \(u,v\) tels que \(au+bv=1\).

Point méthode.

Si l'on souhaite déterminer les coefficients de Bézout \(u,v\) on utilise l'algorithme d'Euclide.

Exemple 3.

84 et 41 sont-ils premiers entre eux ? Si oui, déterminer les coefficients de Bézout associés.
En utilisant l'algorithme d'Euclide :
On a : \(84 = 2\times41 + 2\)
On a : \(41 = 20\times2 + 1\)
On a : \(2 = 2\times1 + 0\)
Ainsi le dernier reste non nul est 1. Donc 84 et 41 sont premiers entre eux.
Déterminons maintenant les coefficients de Bézout. Pour ce faire, nous allons remonter le calcul.
On a : \( 2 = 84 - 2\times41\)
Donc : \(1 = 41 - 20\times2 = 41 - 20\times(84 - 2\times41) = 41 - 20\times84 + 40\times41 = 41\times41 - 20\times84\).
Ainsi, un couple de coefficients de Bézout associé aux nombres 84 et 41 est \((u,v) = (-20, 41)\).

Attention : Les coefficients de Bézout ne sont pas unique !

3.2. Théorème de Gauss

Théorème 8. (Théorème de Gauss)

Soient \(a,b,c\in\mathbb{Z}^*\).
si \(a|bc\) et si \(a\) et \(b\) sont premiers entre eux alors \(a|c\).

Preuve

Preuve.

Si \(a|bc\) et \(a\) et \(b\) sont premiers entre eux.
Alors, d'après le théorème de Bézout, il existe \(u,v\in\mathbb{Z}\) tels que \(au+bv=1\).
Ainsi, en multipliant par \(c\), on a \(auc+bvc=c\).
Or, \(a|bc\), donc \(a|bvc\). De plus, \(a|auc\). Donc \(a|auc+bvc\), i.e \(\boxed{a|c}\).

Théorème 9. (Conséquences)

Soient \(a,b,c\in\mathbb{Z}^*\).
1. Si \(a\wedge b=1\) et si \(a\wedge c=1\) alors \(a\wedge bc=1\)
2. Si \(b\wedge c=1\) et si \(b|a\) et si \(c|a\) alors \(bc|a\).

Preuve

Preuve.

1. D'après le théorème de Bézout, il existe \(u,v\in\mathbb{Z}\) tels que \(au+bv=1\).
De plus, il existe \(p,q\in\mathbb{Z}\) tels que \(ap+cq=1\).
En multipliant ces deux relations, on obtient : \((au+bv)(ap+cq) = 1 \times 1\)
\(a(uap + ucq + vbp) + bc(vq) = 1\).
En posant \(u' = uap + ucq + vbp\) et \(v' = vq\), on a \(au' + (bc)v' = 1\).
Ainsi, d'après le théorème de Bézout, \(a\) et \(bc\) sont premiers entre eux, i.e \(\boxed{a\wedge bc=1}\).

2. Comme \(b|a\) alors il existe un entier \(k\) tel que \(a=bk\).
Comme \(c|a\) alors il existe un entier \(k'\) tel que \(a=ck'\).
D'où \(bk=ck'\) i.e \(b|ck'\).
Or, comme \(b\wedge c=1\), alors d'après le théorème de Gauss, \(b|k'\). Donc il existe \(k"\) tel que \(k'=bk"\).
D'où \(a=ck'=cbk"\). Par conséquent, \(\boxed{bc|a}\).

4. PGCD : Les propriétés utiles

4.1. Caractérisation du pgcd

Propriétés.

Soient \(a,b\in\mathbb{Z}\).
1. \(b|a \iff a \wedge b = |b|\)
2. si \(a\neq 0\) : \(a \wedge 0 = |a|\) et \(a \wedge 1 = 1\)

Preuve

Preuve.

1. Si \(b|a\) alors il existe un entier \(k\) tel que \(a=kb\). Donc le plus grand diviseur commun positif entre \(b\) et \(kb\) est \(|b|\).
Réciproquement, si \(a \wedge b = |b|\), alors \(|b| | a\) ce qui implique que \(b|a\).

2. si \(a\neq 0\), alors comme le plus grand diviseur de \(a\) est \(|a|\) et que \(|a|\) divise 0, on a que \(a \wedge 0 = |a|\).
De plus comme le plus grand diviseur de 1 est 1 et que 1 divise \(a\), on obtient \(a \wedge 1 = 1\).

5. PPCM (Hors Programme)

5.1. Définition

Définition 6.

Soient \(a,b\in\mathbb{Z}\).
Le PPCM de \(a\) et \(b\) est le plus petit commun multiple positif à \(a\) et \(b\).
On le note \(ppcm(a,b)\) ou \(a \vee b\).

5.2. Propriétés

Théorème 10. (Propriétés élémentaires du ppcm)

Soient \(a,b\in\mathbb{Z}\).
1. Si \(a\wedge b=1\) alors \(a\vee b=|ab|\)
2. \((a\wedge b)\times(a\vee b) = |ab|\).

6. Nombres premiers

6.1. Définition et propriétés

Définition 7.

Soit \(p\in\mathbb{Z}\).
\(p\) est un nombre premier si \(p \geq 2\) et que les seuls diviseurs positifs de \(p\) sont 1 et lui-même.

Exercice 1.

Donner tous les nombres premiers entre 1 et 30.
Indice : 1 n'est pas un nombre premier.

Théorème 11. (Propriétés élémentaires des nombres premiers)

1. Tout entier naturel \(n\) supérieur ou égale à 2 possède au moins un diviseur premier.
2. Si \(p\) est premier alors \(\forall n\in\mathbb{Z}\) soit \(p|n\) soit \(n\wedge p=1\).
3. L'ensemble \(\mathcal{P}\) des nombres premiers est infini.
4. Si \(n \ge 2\) n'a pas de diviseur premier dans l'intervalle \([\![2;\sqrt n]\!]\) alors \(n\) est premier.
5. Si \(p\) est premier et si \(p|nm\) alors \(p|n\) ou \(p|m\). Faux si p n'est pas premier !!
6. Si \(p\) est premier alors \(\forall k\in [\![1;p-1]\!]\), \(p|\binom{p}{k}\). On en déduit que pour tout \(a,b\in\mathbb{Z}\) que \((a+b)^p\equiv a^p+b^p\ [p]\).

Preuve

Preuve.

1.
- Si \(n\) est premier. \(n|n\) donc la propriété est vérifiée.
- Si \(n\) n'est pas premier. Alors \(n\) admet un diviseur \(d\) tel que \(1 < d < n\). Notons \(p\) le plus petit de ces diviseurs. Montrons que \(p\) est premier.
Par l'absurde, si \(p\) n'est pas premier, alors il existe \(p'\) qui divise \(p\) tel que \(1 < p' \leq p\). Alors \(p'|p\) et \(p|n\) donc par transitivté, \(p'|n\). Or \(p' \le p\), et comme \(p\) est le *plus petit* diviseur, on doit avoir \(p'=p\). Ceci contredit \(1 < p' < p\). (Correction: \(1 < p' \le p\). Si \(p' < p\), absurde. Si \(p'=p\), c'est que le seul diviseur est p, ce qui est ok).
*Version simplifiée :* Soit \(p\) le plus petit diviseur de \(n\) tel que \(p > 1\). Si \(p\) n'était pas premier, il aurait un diviseur \(p'\) tel que \(1 < p' < p\). Par transitivité, \(p'|p\) et \(p|n\) implique \(p'|n\). C'est absurde car \(p'\) est un diviseur de \(n\) plus petit que \(p\). Donc \(p\) est premier.

2. Posons \(d=n\wedge p\).
Alors \(d|p\). Comme \(p\) est premier, ses seuls diviseurs positifs sont 1 et \(p\). Donc soit \(d=1\) soit \(d=p\). Si \(d=p\), alors \(p|n\). Si \(d=1\), alors \(n \wedge p = 1\).

3. Par l'absurde supposons qu'il existe un nombre fini de nombres premiers : \({p_1,p_2,...,p_n}\).
Posons \(N=p_1\times p_2\times...\times p_n +1\).
Comme \(N \ge 2\), \(N\) admet au moins un diviseur premier (d'après (i)) qu'on note \(p\).
Comme \(p\) est premier, il figure parmi \({p_1,p_2,...,p_n}\). Donc \(p\) est l'un des \(p_i\).
Donc \(p|p_1\times p_2\times...\times p_n\). Or \(p\) divise \(N\). Ainsi, \(p\) divise leur différence : \(p|(N-p_1\times p_2\times...\times p_n)\), i.e \(p|1\).
Ce qui est absurde car \(p \ge 2\). Donc l'ensemble \(\mathcal{P}\) est infini.

4. Par contraposée, si \(n\) n'est pas premier (et \(n \ge 2\)).
Alors \(n=pq\) avec \(1 < p \le q < n\). Si \(p > \sqrt n\), alors \(q \ge p > \sqrt n\), et \(pq > \sqrt n \times \sqrt n = n\). C'est absurde. Donc on a forcément \(p \le \sqrt n\).
\(n\) admet donc un diviseur \(p\) dans l'intervalle \([\![2;\sqrt n]\!]\). (On peut prendre \(p\) premier en utilisant (i)).

5. Si \(p\) ne divise pas \(n\).
Alors d'après (ii) \(n\wedge p=1\). Comme \(p|nm\), d'après le théorème de Gauss, \(p|m\).

6. On sait que \(k\binom{p}{k}=p\binom{p-1}{k-1}\) pour \(1 \le k \le p\). Donc \(p|k\binom{p}{k}\).
Or, pour \(k\in [\![1;p-1]\!]\), \(p\) est premier et \(k < p\), donc \(k\wedge p=1\).
D'après le théorème de Gauss, comme \(p|k\binom{p}{k}\) et \(p\wedge k = 1\), on a \(p|\binom{p}{k}\).
D'après la formule du binôme de Newton : \((a+b)^p = \sum_{k=0}^{p} \binom{p}{k} a^k b^{p-k}\).
\((a+b)^p = \binom{p}{0}a^0b^p + \sum_{k=1}^{p-1} \binom{p}{k} a^k b^{p-k} + \binom{p}{p}a^pb^0 = b^p + a^p + \sum_{k=1}^{p-1} \binom{p}{k} a^k b^{p-k}\).
Or, d'après ce qu'on vient de montrer, pour \(k\in [\![1;p-1]\!]\), \(p|\binom{p}{k}\), donc \(\binom{p}{k} \equiv 0\ [p]\).
Ainsi \((a+b)^p\equiv a^p+b^p\ [p]\).

Théorème 12. (Petit théorème de Fermat)

Soit \(p\) un nombre premier, alors pour tout entier \(n\), on a \(n^p\equiv n [p]\).
De plus, si \(p\) ne divise pas \(n\), alors \(n^{p-1}\equiv 1 [p]\)

Preuve

Preuve.

Soit \(n\in\mathbb{N}\), on procède par récurrence sur \(n\).
Initialsation : Pour \(n=0\), \(0^p \equiv 0\ [p]\). C'est vrai.
Hérédité : Supposons \(n^p\equiv n\ [p]\) pour un \(n \ge 0\).
Montrons que \((n+1)^p\equiv n+1\ [p]\).
D'après Théorème 11. (vi), \((n+1)^p\equiv n^p+1^p\ [p]\), i.e \((n+1)^p\equiv n^p+1\ [p]\).
Par hypothèse de récurrence, \(n^p\equiv n\ [p]\).
D'où, \((n+1)^p\equiv n+1\ [p]\).
Ce qui achève la récurrence pour \(n \ge 0\). (Le cas \(n < 0\) s'en déduit aussi).

Si \(p\) ne divise pas \(n\).
Comme \(n^p\equiv n\ [p]\), alors \(p|n^p-n\), i.e \(p|n(n^{p-1}-1)\).
Or, comme \(p\) ne divise pas \(n\), et que \(p\) est premier, alors d'après Théorème 11. (ii) \(p\) est premier avec \(n\).
Donc d'après le théorème de Gauss, \(p|n^{p-1}-1\). C'est à dire : \(n^{p-1}\equiv 1 [p]\).

6.2. Décomposition en facteur premiers

Théorème 13. (Décomposition en produit de facteur premier)

Soit \(n\) un entier naturel supérieur ou égal à 2.
Il existe des nombres premiers \(p_1,...p_m \in\mathcal{P}\) distincts et des entiers \(\alpha_1,...\alpha_m\in\mathbb{N}^*\), tel que \(n=p_1^{\alpha_1}\times...\times p_m^{\alpha_m}\).

Preuve

Preuve. (Existence)

On procède par récurrence forte.
Initialisation : Pour \(n=2\) : \(2 = 2^1\). 2 est premier, \(\alpha_1=1\). C'est vrai.
Hérédité : On suppose la propriété vraie pour tous les entiers \(k\) tels que \(2 \le k \le n\).
Regardons \(n+1\).
D'après Théorème 11 (i), \(n+1\) admet au moins un diviseur premier \(p\).
Donc il existe un entier \(k\) tel que \(n+1 = pk\).
- Si \(k=1\) alors \(n+1 = p\). \(n+1\) est premier, la propriété est vraie (\(m=1, p_1=p, \alpha_1=1\)).
- Si \(k > 1\). On a \(p \ge 2\), donc \(k = (n+1)/p \le (n+1)/2 \le n\) (pour \(n \ge 1\)).
Comme \(2 \le k \le n\), on peut appliquer l'hypothèse de récurrence à \(k\).
Donc \(k\) est décomposable en produit de facteurs premiers : \(k = p'_1{}^{\beta_1} \times ... \times p'_r{}^{\beta_r}\).
Par conséquent \(n+1 = p \times k = p \times (p'_1{}^{\beta_1} \times ... \times p'_r{}^{\beta_r})\).
\(n+1\) est aussi décomposable (il suffit de regrouper \(p\) avec les \(p'_i\) s'il est égal à l'un d'eux).
Ce qui achève la récurrence.

Théorème 14. (Unicité de la décomposition en produit de facteur premier)

La décomposition en facteur premier d'un entier \(n \ge 2\) est unique à l'ordre près des facteurs.

Preuve

Preuve. (Admise, mais l'idée est ci-dessous)

On procède par récurrence forte sur \(n \ge 2\).
Initialisation : Pour \(n=2\), c'est évident car 2 est premier (\(2 = 2^1\)).
Hérédité : Supposons l'unicité vraie pour tous les entiers \(k\) tels que \(2 \le k < n\).
Supposons que \(n\) ait deux décompositions :
\(n=p_1^{\alpha_1}\times...\times p_m^{\alpha_m} = q_1^{\beta_1}\times...\times q_r^{\beta_r}\) (avec \(p_i\) distincts et \(q_j\) distincts).
\(p_1\) divise \(n\), donc \(p_1\) divise \(q_1^{\beta_1}\times...\times q_r^{\beta_r}\).
Comme \(p_1\) est premier, il doit diviser l'un des \(q_j\) (par une généralisation du Thm 11.v).
Comme \(q_j\) est premier, on a forcément \(p_1 = q_j\).
De même, \(q_1\) divise \(n\), donc \(q_1\) doit être égal à l'un des \(p_i\).
En réordonnant, on peut supposer \(p_1 = q_1\).
Posons \(n' = n/p_1\). On a \(n' = p_1^{\alpha_1-1}\times...\times p_m^{\alpha_m} = q_1^{\beta_1-1}\times...\times q_r^{\beta_r}\).
Comme \(p_1 \ge 2\), on a \(n' < n\).
Si \(n'=1\), alors \(n=p_1\) et \(n=q_1\), \(\alpha_1-1=0\), \(\beta_1-1=0\). L'unicité est vraie.
Si \(n' \ge 2\), on applique l'hypothèse de récurrence à \(n'\) : sa décomposition est unique.
Cela force \(m=r\), \(p_i = q_i\) pour tous \(i\), et \(\alpha_i-1 = \beta_i-1\) (sauf pour \(i=1\)) et \(\alpha_1-1 = \beta_1-1\).
Donc \(\alpha_i = \beta_i\) pour tous \(i\).
L'unicité est démontrée.