Terminale : Exercices sur l'effet Doppler
La mention ❤️ signale une méthode classique à connaître pour le BAC. Les exercices sont classés par difficulté : 🌶️ (application) à 🌶️🌶️🌶️ (approfondissement). Dans ce TD, on insiste sur l’interprétation et sur les signes (approche / éloignement).
Exercices
Exercice n°1 🌶️❤️ (Comprendre et redémontrer l’effet Doppler sonore)
On s’intéresse au son d’une sirène. On rappelle que la célérité du son dans l’air vaut environ \(c = 340\ \text{m·s}^{-1}\) (on supposera l’air immobile et homogène).
La sirène émet un son de fréquence propre \(f = 800\ \text{Hz}\). La source se déplace en ligne droite vers un observateur immobile, puis s’éloigne après l’avoir dépassé. La vitesse de la source est \(v_s = 25\ \text{m·s}^{-1}\).
1) Avant de faire des formules, expliquer avec des mots pourquoi la fréquence perçue est plus grande quand la source s’approche, et plus petite quand elle s’éloigne. Dans ton explication, parle de la distance entre deux fronts d’onde.
2) Dans le cas où l’observateur est immobile et la source se rapproche, redémontrer l’expression de la longueur d’onde observée \(\lambda'\) en fonction de \(c\), \(f\) et \(v_s\), puis en déduire la fréquence perçue \(f'\).
3) Donner ensuite la formule quand la source s’éloigne, puis calculer numériquement \(f'_{\text{approche}}\) et \(f'_{\text{éloignement}}\).
4) On considère maintenant une source immobile de fréquence \(f = 800\ \text{Hz}\) et un observateur qui court vers la source à \(v_o = 5{,}0\ \text{m·s}^{-1}\). Redémontrer l’expression de \(f'\) dans ce cas, puis calculer la fréquence perçue.
5) Discussion. Dans la vie, quand l’ambulance passe devant toi, on entend souvent un “saut” de fréquence assez net. Dire ce qui provoque ce saut, et expliquer pourquoi c’est encore plus marqué si la sirène est aiguë.
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Si la source émet un front d’onde toutes les \(T=\dfrac{1}{f}\) secondes, elle se déplace pendant ce temps. Quand elle s’approche, la distance entre deux fronts devant la source diminue. Ensuite, utilise \(f'=\dfrac{c}{\lambda'}\) puisque l’onde se propage dans l’air à la célérité \(c\).
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Quand la source émet un son, elle crée des fronts d’onde qui se propagent dans l’air. Si la source était immobile, la distance entre deux fronts successifs serait la longueur d’onde \(\lambda=\dfrac{c}{f}\). Si la source avance vers l’observateur, elle “se rapproche” du front qu’elle vient d’émettre : les fronts d’onde sont alors plus serrés devant la source. Des fronts plus serrés signifie une longueur d’onde plus petite, donc une fréquence perçue plus grande puisque \(f'=\dfrac{c}{\lambda'}\).
On note \(T=\dfrac{1}{f}\) la période d’émission de la source. Deux fronts sont émis à un intervalle de temps \(T\). Pendant ce temps, le premier front s’est éloigné de la source d’une distance \(cT\). Mais la source s’est elle-même déplacée d’une distance \(v_sT\) vers l’avant.
Pour un observateur situé devant la source, la distance entre le premier front et le second front (émis un peu plus tard) est donc réduite. La longueur d’onde “devant” la source vaut
\[
\lambda' = cT - v_sT = (c-v_s)T.
\]
Comme \(T=\dfrac{1}{f}\), on obtient
\[
\lambda'=\frac{c-v_s}{f}.
\]
La fréquence perçue vaut alors
\[
f'=\frac{c}{\lambda'}=\frac{c}{(c-v_s)/f}=f\frac{c}{c-v_s}.
\]
On retrouve bien que \(f'>f\) si la source s’approche, car \(c-v_s Si la source s’éloigne, le raisonnement est identique mais le déplacement de la source augmente l’écart entre les fronts. Pendant \(T\), le premier front avance de \(cT\) et la source recule de \(v_sT\). Devant la source (dans la direction de propagation vers l’observateur qui est derrière elle), l’écart devient
\[
\lambda'=(c+v_s)T,
\]
donc
\[
f'=f\frac{c}{c+v_s}.
\] Application numérique avec \(c=340\ \text{m·s}^{-1}\), \(f=800\ \text{Hz}\), \(v_s=25\ \text{m·s}^{-1}\).
\[
f'_{\text{approche}}=800\frac{340}{340-25}=800\frac{340}{315}.
\]
On calcule \(\frac{340}{315}\approx 1{,}079\), donc
\[
f'_{\text{approche}}\approx 800\times 1{,}079 \approx 863\ \text{Hz}.
\]
Pour l’éloignement :
\[
f'_{\text{éloignement}}=800\frac{340}{340+25}=800\frac{340}{365}.
\]
\(\frac{340}{365}\approx 0{,}932\), donc
\[
f'_{\text{éloignement}}\approx 800\times 0{,}932 \approx 746\ \text{Hz}.
\]
Cas observateur mobile. La source est immobile : la longueur d’onde dans l’air vaut \(\lambda=\dfrac{c}{f}\). Si l’observateur court vers la source, il “rencontre” les fronts d’onde plus rapidement. En une seconde, les fronts avancent vers lui à \(c\) et lui avance vers eux à \(v_o\). La vitesse relative de rencontre est donc \(c+v_o\). Le nombre de longueurs d’onde rencontrées par seconde (donc la fréquence perçue) vaut
\[
f'=\frac{c+v_o}{\lambda}=\frac{c+v_o}{c/f}=f\frac{c+v_o}{c}.
\]
Numériquement :
\[
f'=800\frac{340+5}{340}=800\frac{345}{340}.
\]
\(\frac{345}{340}\approx 1{,}015\), donc
\[
f'\approx 812\ \text{Hz}.
\]
Discussion. Le “saut” de fréquence vient du passage de la situation “source qui s’approche” à la situation “source qui s’éloigne”. Le signe dans la formule change au moment où la source dépasse l’observateur. Le saut est plus impressionnant quand la sirène est aiguë car une même variation relative produit une variation absolue plus grande : si \(f\) est grand, \(\Delta f\) est plus grand aussi.
Exercice n°2 🌶️🌶️❤️ (Radar : double effet Doppler sur une voiture)
Un radar fixe au bord de la route émet une onde électromagnétique (on simplifie en une onde de fréquence \(f_0\)). La voiture s’approche du radar à vitesse constante \(v\) (on suppose \(v \ll c\), avec \(c=3{,}00\times 10^8\ \text{m·s}^{-1}\)).
Le radar reçoit une onde réfléchie par la voiture. On observe alors une fréquence reçue légèrement différente de la fréquence émise.
On donne \(f_0 = 24{,}15\ \text{GHz}\) (bande des radars routiers). On considère une voiture à \(v=30\ \text{m·s}^{-1}\) (environ 108 km/h).
1) Expliquer pourquoi il y a un effet Doppler à l’aller (onde reçue par la voiture) et un deuxième effet Doppler au retour (onde renvoyée vers le radar). Dire, en une phrase, pourquoi on parle parfois de “double Doppler”.
2) En utilisant l’approximation \(v \ll c\), montrer que le décalage de fréquence mesuré par le radar vérifie approximativement \[ \Delta f \approx \frac{2v}{c}f_0. \] Tu peux construire l’idée en deux étapes : d’abord la fréquence “vue” par la voiture, puis la fréquence renvoyée vers le radar.
3) Calculer numériquement \(\Delta f\) pour \(v=30\ \text{m·s}^{-1}\). Commenter l’ordre de grandeur obtenu.
4) Le radar mesure en réalité un décalage \(\Delta f = 4{,}5\ \text{kHz}\). En déduire la vitesse \(v\) de la voiture, puis donner la vitesse en km/h.
5) Discussion. Si la voiture ne vient pas exactement en face mais avec un angle \(\theta\) par rapport à l’axe du radar, quelle vitesse “effective” le radar mesure-t-il ? Donner l’expression en fonction de \(v\) et \(\theta\), et expliquer qualitativement pourquoi un radar mal orienté peut sous-estimer une vitesse.
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Pour une onde dans le vide, la célérité est \(c\). Si le récepteur se rapproche, il “rencontre” les fronts plus vite : on obtient un facteur du type \(\left(1+\dfrac{v}{c}\right)\). Puis la voiture renvoie l’onde : la voiture joue alors le rôle d’une source en mouvement vers le radar. À la fin, on garde seulement les termes du premier ordre en \(\dfrac{v}{c}\).
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Quand la voiture s’approche, elle reçoit une onde dont la fréquence est modifiée, car elle se comporte comme un observateur mobile qui rencontre les fronts d’onde plus souvent. Ensuite, la voiture réfléchit l’onde. On peut voir cette réflexion comme une réémission : la voiture se comporte alors comme une source en mouvement par rapport au radar. On obtient donc deux décalages successifs, d’où l’idée de “double Doppler”.
On fait un raisonnement au premier ordre, avec \(v \ll c\). Pour l’aller, la voiture (récepteur mobile) s’approche d’une source fixe (le radar). Pour un récepteur mobile, on a \[ f_1 = f_0\left(1+\frac{v}{c}\right) \] si la voiture s’approche (les fronts sont rencontrés plus vite).
Au retour, la voiture renvoie une onde dont la fréquence, dans le référentiel du radar, subit un Doppler car la source (la voiture qui “réémet”) s’approche du radar. Pour une source mobile, on obtient au premier ordre \[ f_2 = f_1\left(1+\frac{v}{c}\right). \] En combinant : \[ f_2 = f_0\left(1+\frac{v}{c}\right)\left(1+\frac{v}{c}\right) = f_0\left(1+\frac{v}{c}\right)^2. \] On développe : \[ \left(1+\frac{v}{c}\right)^2 = 1 + 2\frac{v}{c} + \left(\frac{v}{c}\right)^2. \] Comme \(v \ll c\), le terme \(\left(\frac{v}{c}\right)^2\) est négligeable. Donc \[ f_2 \approx f_0\left(1+2\frac{v}{c}\right). \] Le décalage vaut \(\Delta f = f_2 - f_0\), donc \[ \Delta f \approx 2\frac{v}{c}f_0, \] ce qu’on voulait montrer.
Application numérique avec \(f_0=24{,}15\ \text{GHz}=24{,}15\times 10^9\ \text{Hz}\), \(v=30\ \text{m·s}^{-1}\), \(c=3{,}00\times 10^8\ \text{m·s}^{-1}\). \[ \Delta f \approx \frac{2\times 30}{3{,}00\times 10^8}\times 24{,}15\times 10^9. \] On calcule \(\frac{60}{3{,}00\times 10^8}=2{,}0\times 10^{-7}\). Donc \[ \Delta f \approx 2{,}0\times 10^{-7}\times 24{,}15\times 10^9 = 4{,}83\times 10^3\ \text{Hz}. \] On obtient environ \(\Delta f \approx 4{,}8\ \text{kHz}\). C’est très petit devant \(f_0\), ce qui explique qu’on mesure un “petit” décalage autour d’une fréquence énorme.
Si \(\Delta f = 4{,}5\ \text{kHz}\), on inverse la relation : \[ v \approx \frac{\Delta f}{2f_0}c. \] Numériquement : \[ v \approx \frac{4{,}5\times 10^3}{2\times 24{,}15\times 10^9}\times 3{,}00\times 10^8. \] On calcule le rapport \(\frac{4{,}5\times 10^3}{48{,}3\times 10^9}\approx 9{,}32\times 10^{-8}\). Donc \[ v \approx 9{,}32\times 10^{-8}\times 3{,}00\times 10^8 \approx 28\ \text{m·s}^{-1}. \] En km/h : \[ v \approx 28\times 3{,}6 \approx 101\ \text{km·h}^{-1}. \]
Discussion. Si la voiture arrive avec un angle \(\theta\), seule la composante de vitesse dans l’axe du radar crée un Doppler. La vitesse effective est \[ v_{\text{eff}} = v\cos\theta. \] Donc \(\Delta f \approx \dfrac{2v\cos\theta}{c}f_0\). Si \(\theta\) n’est pas nul, \(\cos\theta<1\) et le radar mesure une vitesse plus faible que la vitesse réelle.
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Exercice n°3 🌶️🌶️ (Effet Doppler avec vent : quand le milieu bouge)
Dans les exercices précédents, on a supposé l’air immobile. Dans la réalité, il peut y avoir du vent. On modélise le vent comme un mouvement uniforme de l’air à vitesse \(u\) par rapport au sol.
On considère une source sonore immobile par rapport au sol, qui émet une fréquence \(f = 600\ \text{Hz}\). Un observateur immobile par rapport au sol se trouve à une grande distance, dans l’axe de propagation. On prend \(c=340\ \text{m·s}^{-1}\).
On étudie deux situations :
Situation A : vent dans le sens de propagation (vent “dans le dos” de l’onde) avec \(u=10\ \text{m·s}^{-1}\).
Situation B : vent dans le sens opposé (vent “de face”) avec \(u=10\ \text{m·s}^{-1}\).
1) Expliquer pourquoi, avec du vent, la célérité de propagation du son par rapport au sol n’est plus exactement \(c\). Donner l’expression de la célérité par rapport au sol dans les deux situations A et B.
2) La source est immobile. Montrer que la fréquence perçue par un observateur immobile ne change pas à cause du vent, mais que la longueur d’onde par rapport au sol change. Exprimer \(\lambda_A\) et \(\lambda_B\).
3) Calculer numériquement \(\lambda_A\) et \(\lambda_B\). Comparer à la longueur d’onde sans vent.
4) On place maintenant un observateur qui se déplace à vitesse \(v_o=5{,}0\ \text{m·s}^{-1}\) vers la source, dans la situation A. Déterminer la fréquence perçue \(f'_A\) en tenant compte du vent. Même question pour la situation B. Comparer et commenter.
5) Discussion. Un musicien joue une note près d’un micro placé loin, en extérieur, un jour très venteux. Expliquer pourquoi le vent peut perturber la mesure de vitesse de propagation et les déductions sur la longueur d’onde, même si la note jouée (la fréquence) reste la même.
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Le vent “transporte” l’air : une onde sonore se propage à la célérité \(c\) par rapport à l’air, mais l’air lui-même se déplace par rapport au sol. Au sol, la célérité devient \(c+u\) ou \(c-u\) selon le sens. Si la source est immobile, la période d’émission ne change pas, donc la fréquence ne change pas. La longueur d’onde au sol vaut \(\lambda=\dfrac{c_{\text{sol}}}{f}\).
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Le son se propage dans l’air. Dire “\(c=340\ \text{m·s}^{-1}\)” signifie : la perturbation se propage à environ \(340\ \text{m·s}^{-1}\) par rapport à l’air. Si l’air se déplace par rapport au sol, alors la perturbation est en plus “emportée” par le mouvement du milieu.
Dans la situation A, le vent est dans le même sens que la propagation, donc la célérité par rapport au sol vaut \[ c_A = c+u. \] Dans la situation B, le vent est opposé, donc \[ c_B = c-u. \] Avec \(c=340\) et \(u=10\), on obtient \(c_A=350\ \text{m·s}^{-1}\) et \(c_B=330\ \text{m·s}^{-1}\).
La source est immobile : elle émet une vibration de période \(T=\dfrac{1}{f}\) qui ne dépend pas du vent. Un observateur immobile reçoit toujours un front d’onde toutes les \(T\) secondes. Donc la fréquence perçue reste \(f\), le vent ne change pas la fréquence dans ce cas précis (source immobile et observateur immobile dans le référentiel du sol).
En revanche, la longueur d’onde mesurée dans le référentiel du sol dépend de la vitesse à laquelle l’onde se déplace dans ce référentiel. On a toujours, dans un référentiel donné, \[ \lambda = \frac{\text{célérité dans ce référentiel}}{\text{fréquence}}. \] Donc \[ \lambda_A=\frac{c_A}{f}=\frac{c+u}{f},\qquad \lambda_B=\frac{c_B}{f}=\frac{c-u}{f}. \]
Calcul numérique avec \(f=600\ \text{Hz}\). \[ \lambda_A=\frac{350}{600}\approx 0{,}583\ \text{m}. \] \[ \lambda_B=\frac{330}{600}=0{,}550\ \text{m}. \] Sans vent, \(\lambda_0=\dfrac{340}{600}\approx 0{,}567\ \text{m}\). On voit que le vent dans le dos augmente la longueur d’onde au sol, et le vent de face la diminue.
On ajoute maintenant un observateur qui se déplace vers la source à \(v_o=5{,}0\ \text{m·s}^{-1}\). L’idée est la même que pour un observateur mobile, mais la vitesse de rencontre des fronts d’onde doit être évaluée dans le référentiel du sol.
Dans la situation A, les fronts se déplacent vers l’observateur à la vitesse \(c_A\) par rapport au sol, et l’observateur se déplace vers la source, donc vers les fronts, à \(v_o\). La vitesse relative de rencontre est \(c_A+v_o\). La longueur d’onde au sol est \(\lambda_A\). Donc la fréquence perçue vaut \[ f'_A=\frac{c_A+v_o}{\lambda_A}. \] Or \(\lambda_A=\dfrac{c_A}{f}\), donc \[ f'_A=\frac{c_A+v_o}{c_A/f}=f\left(1+\frac{v_o}{c_A}\right). \] Numériquement : \[ f'_A=600\left(1+\frac{5}{350}\right)=600\left(1+0{,}0143\right)\approx 609\ \text{Hz}. \]
Dans la situation B, on remplace \(c_A\) par \(c_B\) : \[ f'_B=f\left(1+\frac{v_o}{c_B}\right)=600\left(1+\frac{5}{330}\right). \] \(\frac{5}{330}\approx 0{,}0152\), donc \[ f'_B\approx 600\times 1{,}0152 \approx 609\ \text{Hz}. \] Les deux valeurs sont proches car \(u\) reste petit devant \(c\), mais on voit que le vent de face (célérité plus faible au sol) rend le même mouvement de l’observateur légèrement plus “efficace” sur le Doppler, car \(\dfrac{v_o}{c_B}\) est un peu plus grand que \(\dfrac{v_o}{c_A}\).
Discussion. La note jouée fixe la fréquence \(f\), donc la période d’émission est stable : le vent ne “change pas la note”. En revanche, le vent modifie la propagation au sol, donc la longueur d’onde mesurée à distance et le temps de propagation. Si on déduit une longueur d’onde à partir d’une mesure de vitesse de propagation, ou si on fait des mesures de délai (temps de vol), le vent introduit une erreur si on ne le prend pas en compte.
Exercice n°4 🌶️🌶️🌶️❤️ (Cône de Mach et bang supersonique : aller loin dans la théorie)
Un avion vole en ligne droite à vitesse constante \(v\) dans l’air. On note \(c\) la célérité du son dans l’air (on prendra \(c=340\ \text{m·s}^{-1}\)).
Quand \(v
1) Expliquer qualitativement pourquoi, lorsque \(v>c\), les fronts d’onde ne peuvent plus “passer devant” l’avion et s’accumulent sur une surface en forme de cône. Dans ton explication, parle de la propagation pendant un temps \(\Delta t\).
2) Redémontrer la relation liant l’angle \(\mu\) du cône de Mach à la vitesse \(v\) et à la célérité \(c\) : \[ \sin(\mu)=\frac{c}{v}. \] On introduira le nombre de Mach \(M=\dfrac{v}{c}\) et on donnera aussi \(\sin(\mu)=\dfrac{1}{M}\).
3) Un avion vole à \(v=1{,}5c\). Calculer \(M\) puis l’angle \(\mu\). Interpréter : plus l’avion va vite, le cône s’ouvre-t-il ou se resserre-t-il ?
4) Un observateur est au sol, à une distance latérale \(d=2{,}0\ \text{km}\) de la trajectoire rectiligne de l’avion. L’avion passe exactement à la verticale de la trajectoire la plus proche à l’instant \(t=0\).
En supposant que l’avion reste à altitude constante et vitesse constante, déterminer le temps \(\Delta t\) après \(t=0\) auquel l’observateur entend le bang. On prendra \(v=1{,}5c\) et on négligera la variation de \(c\) avec l’altitude.
5) Discussion. En pratique, on entend souvent un bang très bref (parfois double). Expliquer pourquoi on n’entend pas une note continue, et relier ça à l’idée d’onde de choc.
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En un temps \(\Delta t\), l’avion parcourt \(v\Delta t\). Un front sonore émis au départ parcourt un rayon \(c\Delta t\). Quand \(v>c\), le front est “derrière” l’avion : la surface enveloppe des sphères devient un cône. La trigonométrie donne \(\sin\mu=\dfrac{c\Delta t}{v\Delta t}\).
Pour le temps d’arrivée au sol, pense à la géométrie du cône : l’observateur entend le bang quand le cône “balaye” sa position. Tu peux relier l’angle \(\mu\) à la pente de la droite limite et projeter sur l’axe du mouvement.
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On imagine que l’avion émet une perturbation sonore en continu. À un instant donné, on regarde ce qui a été émis un peu plus tôt. En un temps \(\Delta t\), l’avion s’est déplacé d’une distance \(v\Delta t\). Pendant ce même temps, une perturbation sonore émise à l’instant initial s’est propagée dans l’air sur une distance \(c\Delta t\) dans toutes les directions.
Si \(v Si \(v>c\), alors \(v\Delta t > c\Delta t\). La sphère de rayon \(c\Delta t\) est entièrement “derrière” la position actuelle de l’avion : l’avion est toujours en avant des fronts qu’il a émis. Les fronts successifs s’empilent et forment une enveloppe géométrique : c’est une surface conique, appelée cône de Mach, sur laquelle l’onde de choc est concentrée. Pour redémontrer la relation, on se place dans une coupe du mouvement. Au bout du temps \(\Delta t\), l’avion est à distance \(v\Delta t\) du point où un front a été émis. Ce front a un rayon \(c\Delta t\). La génératrice du cône est tangente à cette sphère. On obtient un triangle rectangle où l’hypoténuse correspond au déplacement de l’avion \(v\Delta t\) et le côté opposé à l’angle \(\mu\) correspond au rayon \(c\Delta t\). On a donc
\[
\sin(\mu)=\frac{c\Delta t}{v\Delta t}=\frac{c}{v}.
\]
En posant \(M=\dfrac{v}{c}\), on obtient
\[
\sin(\mu)=\frac{1}{M}.
\] Pour \(v=1{,}5c\), on a \(M=1{,}5\). Donc
\[
\sin(\mu)=\frac{1}{1{,}5}=\frac{2}{3}\approx 0{,}667,
\]
d’où
\[
\mu \approx \arcsin(0{,}667)\approx 41{,}8^\circ.
\]
Quand la vitesse augmente, \(\dfrac{c}{v}\) diminue, donc \(\sin(\mu)\) diminue et l’angle \(\mu\) diminue : le cône se resserre (il devient plus “pointu”). Temps d’arrivée du bang. L’observateur entend le bang lorsque la surface du cône passe par sa position. Dans une vue du dessus, la trace du cône correspond à deux droites faisant un angle \(\mu\) avec la trajectoire. Si l’avion avance sur l’axe \(x\) et l’observateur est à distance latérale \(d\) (coordonnée \(y=d\)), la droite limite vérifie
\[
\tan(\mu)=\frac{d}{x},
\]
où \(x\) est la distance le long de la trajectoire entre la position de l’avion au moment de l’écoute et le point de plus proche approche (instant \(t=0\)). Donc
\[
x=\frac{d}{\tan(\mu)}.
\]
Avec \(\mu \approx 41{,}8^\circ\), \(\tan(\mu)\approx 0{,}895\). Donc
\[
x \approx \frac{2000}{0{,}895}\approx 2235\ \text{m}.
\]
L’avion met un temps \(\Delta t=\dfrac{x}{v}\) pour parcourir cette distance après le passage au plus près. Or \(v=1{,}5c=510\ \text{m·s}^{-1}\). Donc
\[
\Delta t \approx \frac{2235}{510}\approx 4{,}38\ \text{s}.
\]
L’observateur entend donc le bang environ 4,4 s après que l’avion soit passé au point de distance minimale. Discussion. L’onde de choc correspond à une discontinuité de pression : l’énergie est concentrée sur une surface mince, donc quand cette surface passe sur l’observateur, il entend un “bang” bref. Le double bang peut venir de deux ondes de choc principales (par exemple une liée au nez et une liée à l’arrière de l’avion) qui arrivent à quelques instants d’écart.
Exercice n°5 🌶️🌶️🌶️ (Rayonnement Tcherenkov : “plus vite que la lumière” dans un milieu)
On observe dans certaines piscines de réacteur une lumière bleue. Cette lumière n’est pas un “Doppler” : elle provient du rayonnement Tcherenkov.
Dans un matériau transparent, la lumière se propage moins vite que dans le vide. On note \(n\) l’indice du matériau. La vitesse de la lumière dans le matériau est \[ v_{\text{lumière}}=\frac{c}{n}. \] On prendra pour l’eau \(n=1{,}33\) et \(c=3{,}00\times 10^8\ \text{m·s}^{-1}\).
Un électron se déplace dans l’eau à la vitesse \(v=0{,}90c\).
1) Calculer la vitesse de la lumière dans l’eau \(c_{\text{eau}}=\dfrac{c}{n}\). Vérifier que l’électron peut aller plus vite que \(c_{\text{eau}}\) tout en restant plus lent que \(c\).
2) Expliquer qualitativement pourquoi une particule chargée allant plus vite que \(c_{\text{milieu}}\) peut produire un rayonnement (analogie avec le cône de Mach, mais avec de la lumière).
3) L’angle \(\theta\) du cône de Tcherenkov vérifie \[ \cos\theta=\frac{c}{nv}=\frac{c_{\text{milieu}}}{v}. \] Calculer \(\theta\) pour \(v=0{,}90c\) dans l’eau.
4) On prend maintenant \(v=0{,}75c\). Le rayonnement Tcherenkov existe-t-il encore dans l’eau ? Justifier par une condition sur \(v\).
5) Discussion. On observe souvent un bleu intense. Donner une explication qualitative (sans formules compliquées) : pourquoi la lumière émise contient beaucoup de bleu ? En quoi ce phénomène est-il différent d’un simple “décalage Doppler” d’une source lumineuse ?
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Calcule d’abord \(c_{\text{eau}}=\dfrac{c}{1{,}33}\). Le rayonnement existe si \(v>c_{\text{eau}}\). Pour l’angle, utilise la formule donnée et vérifie que l’argument du \(\arccos\) est bien entre 0 et 1.
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Dans l’eau, la vitesse de la lumière vaut \[ c_{\text{eau}}=\frac{c}{n}=\frac{3{,}00\times 10^8}{1{,}33}\approx 2{,}26\times 10^8\ \text{m·s}^{-1}. \] L’électron à \(v=0{,}90c\) a une vitesse \[ v=0{,}90\times 3{,}00\times 10^8=2{,}70\times 10^8\ \text{m·s}^{-1}. \] On vérifie : \[ c_{\text{eau}} \approx 2{,}26\times 10^8 < 2{,}70\times 10^8 = v < 3{,}00\times 10^8=c. \] Donc l’électron est plus rapide que la lumière dans l’eau, tout en restant plus lent que la lumière dans le vide. Il n’y a pas de contradiction avec “rien ne dépasse \(c\)”.
Qualitativement, l’électron chargé perturbe le milieu électromagnétique autour de lui. Si cette perturbation se déplace plus vite que la vitesse à laquelle l’information lumineuse se propage dans le milieu, les “ondes” émises ne peuvent pas s’étaler devant la particule : elles s’additionnent sur une surface conique, comme pour un cône de Mach. Cela produit un rayonnement cohérent : le rayonnement Tcherenkov.
On utilise la formule donnée : \[ \cos\theta=\frac{c}{nv}. \] Ici \(v=0{,}90c\). Donc \[ \cos\theta=\frac{c}{n(0{,}90c)}=\frac{1}{0{,}90n}=\frac{1}{0{,}90\times 1{,}33}. \] \(0{,}90\times 1{,}33=1{,}197\). Donc \[ \cos\theta \approx \frac{1}{1{,}197}\approx 0{,}835. \] Ainsi \[ \theta \approx \arccos(0{,}835)\approx 33^\circ. \]
Pour \(v=0{,}75c\), on a \(v=2{,}25\times 10^8\ \text{m·s}^{-1}\), ce qui est légèrement inférieur à \(c_{\text{eau}}\approx 2{,}26\times 10^8\ \text{m·s}^{-1}\). La condition d’existence est \[ v > \frac{c}{n}. \] Ici elle n’est pas satisfaite (ou très légèrement pas), donc il n’y a pas de rayonnement Tcherenkov dans ces conditions.
Discussion. Le rayonnement Tcherenkov a un spectre qui favorise les courtes longueurs d’onde : l’intensité augmente quand la longueur d’onde diminue, ce qui rend le bleu très visible. Ce n’est pas un “décalage Doppler” d’une lumière existante : c’est une lumière produite par la particule dans le milieu. Le Doppler modifie une fréquence déjà émise par une source ; ici, le phénomène vient d’une émission liée au dépassement de la vitesse de phase dans le milieu.
Exercice n°6 🌶️🌶️🌶️❤️ (Doppler relativiste : redshift et blueshift des astres)
Quand on observe le spectre d’une étoile ou d’une galaxie, on repère des raies d’absorption ou d’émission à des longueurs d’onde bien connues (mesurées en laboratoire). Si l’astre s’éloigne ou se rapproche, ces raies sont décalées : c’est le redshift (décalage vers le rouge) ou le blueshift (vers le bleu).
On définit le redshift \(z\) par \[ z=\frac{\lambda_{\text{obs}}-\lambda_0}{\lambda_0}. \] Au niveau terminale, on utilise souvent l’approximation classique \(z \approx \dfrac{v}{c}\) pour des vitesses faibles. Mais pour aller plus loin, on introduit ici la formule relativiste (mouvement sur l’axe de visée) : \[ \frac{\lambda_{\text{obs}}}{\lambda_0}=\sqrt{\frac{1+\beta}{1-\beta}} \quad\text{avec}\quad \beta=\frac{v}{c}. \] Cette formule correspond à un éloignement. Pour un rapprochement, l’effet inverse donne un blueshift.
On prendra \(c=3{,}00\times 10^8\ \text{m·s}^{-1}\).
1) Montrer que \(\dfrac{\lambda_{\text{obs}}}{\lambda_0}=1+z\).
2) Une galaxie présente un redshift \(z=0{,}10\). Calculer \(\dfrac{\lambda_{\text{obs}}}{\lambda_0}\). Estimer ensuite la vitesse par l’approximation classique \(v\simeq zc\).
3) Maintenant, utiliser la formule relativiste. On pose \(R=\dfrac{\lambda_{\text{obs}}}{\lambda_0}\). Montrer qu’on peut isoler \(\beta\) sous la forme \[ \beta=\frac{R^2-1}{R^2+1}. \] Puis calculer \(v\) pour \(z=0{,}10\).
4) Comparer les deux vitesses (classique et relativiste). Dire si l’approximation \(v\simeq zc\) surestime ou sous-estime la vitesse ici.
5) Une raie de l’hydrogène (H-alpha) a une longueur d’onde au repos \(\lambda_0=656\ \text{nm}\). Pour cette galaxie, calculer \(\lambda_{\text{obs}}\). Dire si la raie reste dans le visible.
6) Discussion. Dans l’Univers, beaucoup d’objets lointains ont un redshift. Donner deux interprétations possibles (mouvement propre / expansion). Dire pourquoi, au niveau terminale, on distingue souvent “Doppler” et “redshift cosmologique” sans rentrer dans tous les détails.
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Pour isoler \(\beta\), pars de \(R=\sqrt{\dfrac{1+\beta}{1-\beta}}\), élève au carré, puis fais un produit en croix. Pour la raie, utilise \(\lambda_{\text{obs}}=(1+z)\lambda_0\). Compare ensuite à l’intervalle visible \(\sim 400\) à \(700\ \text{nm}\).
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On part de la définition : \[ z=\frac{\lambda_{\text{obs}}-\lambda_0}{\lambda_0}. \] On divise : \[ z=\frac{\lambda_{\text{obs}}}{\lambda_0}-1 \quad\Rightarrow\quad \frac{\lambda_{\text{obs}}}{\lambda_0}=1+z. \] Donc \(R=1+z\).
Pour \(z=0{,}10\), on a \[ R=1+z=1{,}10. \] Approximation classique (vitesses faibles) : \[ v \simeq zc = 0{,}10\times 3{,}00\times 10^8=3{,}0\times 10^7\ \text{m·s}^{-1}. \] En km/s : \(3{,}0\times 10^7\ \text{m·s}^{-1}=3,0\times 10^4\ \text{km·s}^{-1}\).
Formule relativiste. On pose \[ R=\sqrt{\frac{1+\beta}{1-\beta}}. \] On élève au carré : \[ R^2=\frac{1+\beta}{1-\beta}. \] Produit en croix : \[ R^2(1-\beta)=1+\beta \quad\Rightarrow\quad R^2 - R^2\beta = 1 + \beta. \] On regroupe les termes en \(\beta\) : \[ -R^2\beta - \beta = 1 - R^2 \quad\Rightarrow\quad \beta(R^2+1)=R^2-1. \] Donc \[ \beta=\frac{R^2-1}{R^2+1}. \]
Avec \(R=1{,}10\), on a \(R^2=1{,}21\). Donc \[ \beta=\frac{1{,}21-1}{1{,}21+1}=\frac{0{,}21}{2{,}21}\approx 0{,}0950. \] Ainsi \[ v=\beta c\approx 0{,}0950\times 3{,}00\times 10^8=2{,}85\times 10^7\ \text{m·s}^{-1}. \] En km/s : \(\approx 2,85\times 10^4\ \text{km·s}^{-1}\).
Comparaison. La vitesse classique donnait \(3{,}0\times 10^7\ \text{m·s}^{-1}\) et la relativiste \(2{,}85\times 10^7\ \text{m·s}^{-1}\). L’approximation \(v\simeq zc\) surestime légèrement la vitesse ici, mais l’erreur reste modérée pour \(z=0{,}10\).
Pour la raie H-alpha : \[ \lambda_{\text{obs}}=(1+z)\lambda_0=1{,}10\times 656\ \text{nm}\approx 722\ \text{nm}. \] \(722\ \text{nm}\) est juste au-delà du visible rouge (limite \(\sim 700\ \text{nm}\)) : la raie commence à basculer vers l’infrarouge proche.
Discussion. Un redshift peut venir d’un mouvement d’éloignement “classique” (Doppler) ou d’un effet lié à l’expansion de l’Univers (redshift cosmologique). Au niveau terminale, on sépare souvent les deux car l’interprétation cosmologique demande des outils supplémentaires (relativité générale, modèle d’expansion), alors que l’effet Doppler est déjà accessible avec l’idée de mouvement relatif.
Exercice n°7 🌶️🌶️ (Concert et génie civil : atténuation sonore + Doppler léger en salle)
On modélise un concert dans une grande salle type Accor Arena. Le but est de relier des idées d’acoustique (atténuation) et un Doppler faible (source ou récepteur en mouvement).
On considère une enceinte qui émet une note de fréquence \(f=500\ \text{Hz}\). On prend la célérité du son \(c=340\ \text{m·s}^{-1}\).
On suppose que l’intensité sonore décroit avec la distance comme \[ I(r)=\frac{P}{4\pi r^2}, \] où \(P\) est la puissance acoustique émise (modèle de source ponctuelle).
On rappelle le niveau sonore en décibels : \[ L=10\log_{10}\left(\frac{I}{I_0}\right), \quad I_0=1{,}0\times 10^{-12}\ \text{W·m}^{-2}. \]
On prend \(P=0{,}50\ \text{W}\) (puissance acoustique efficace, modèle simplifié). Un premier spectateur est à \(r_1=5{,}0\ \text{m}\) de l’enceinte, un autre à \(r_2=50\ \text{m}\).
1) Calculer \(I(r_1)\) et \(I(r_2)\).
2) Calculer les niveaux \(L_1\) et \(L_2\). En déduire la différence \(\Delta L=L_2-L_1\). Interpréter : que représente une variation de \(-20\ \text{dB}\) ?
3) On tient compte d’une atténuation supplémentaire due à l’air et aux matériaux : on admet qu’au-delà de 10 m, il y a une perte de \(0{,}20\ \text{dB}\) par mètre parcouru (modèle très simplifié). Estimer la perte supplémentaire entre 10 m et 50 m, puis corriger \(L_2\).
4) Doppler léger. Une caméra sur rail se déplace dans la salle vers l’enceinte à \(v_o=2{,}0\ \text{m·s}^{-1}\). En supposant l’air immobile, calculer la fréquence perçue \(f'\) par le micro de la caméra. Comparer à 500 Hz.
5) Discussion. Dans une vraie salle, la loi \(1/r^2\) est rarement parfaite. Citer deux raisons (physiques) liées à la salle (réflexions, absorption, directivité, public) qui modifient les niveaux mesurés. Dire aussi pourquoi, malgré tout, l’ordre de grandeur \(\Delta L \approx -20\log_{10}(r_2/r_1)\) reste une très bonne règle mentale.
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Pour une source ponctuelle, \(I\propto 1/r^2\). La différence de niveau s’écrit \[ L_2-L_1=10\log_{10}\left(\frac{I_2}{I_1}\right)=10\log_{10}\left(\frac{r_1^2}{r_2^2}\right)=-20\log_{10}\left(\frac{r_2}{r_1}\right). \] Pour le Doppler observateur mobile : \(f' = f\left(1+\dfrac{v_o}{c}\right)\) si l’observateur se rapproche.
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On utilise \(I(r)=\dfrac{P}{4\pi r^2}\).
À \(r_1=5{,}0\ \text{m}\) : \[ I_1=\frac{0{,}50}{4\pi\times 5^2}=\frac{0{,}50}{4\pi\times 25}=\frac{0{,}50}{100\pi}\approx 1{,}59\times 10^{-3}\ \text{W·m}^{-2}. \] (car \(100\pi\approx 314\)).
À \(r_2=50\ \text{m}\) : \[ I_2=\frac{0{,}50}{4\pi\times 50^2}=\frac{0{,}50}{4\pi\times 2500}=\frac{0{,}50}{10000\pi}\approx 1{,}59\times 10^{-5}\ \text{W·m}^{-2}. \] On voit déjà que \(I_2\) est 100 fois plus petit que \(I_1\), ce qui est logique car la distance a été multipliée par 10 et \(1/r^2\) donne un facteur 100.
Niveaux sonores : \[ L_1=10\log_{10}\left(\frac{I_1}{I_0}\right) =10\log_{10}\left(\frac{1{,}59\times 10^{-3}}{10^{-12}}\right) =10\log_{10}(1{,}59\times 10^{9}). \] \(\log_{10}(1{,}59\times 10^9)=\log_{10}(1{,}59)+9\approx 0{,}201+9=9{,}201\). Donc \[ L_1\approx 10\times 9{,}201=92{,}0\ \text{dB}. \]
De même : \[ L_2=10\log_{10}\left(\frac{1{,}59\times 10^{-5}}{10^{-12}}\right) =10\log_{10}(1{,}59\times 10^{7}). \] \(\log_{10}(1{,}59\times 10^7)=0{,}201+7=7{,}201\). Donc \[ L_2\approx 72{,}0\ \text{dB}. \]
Différence : \[ \Delta L=L_2-L_1\approx 72-92=-20\ \text{dB}. \] Interprétation : \(-20\ \text{dB}\) signifie que l’intensité a été divisée par 100 (car \(10\log_{10}(1/100)=-20\)).
Atténuation supplémentaire entre 10 m et 50 m : distance parcourue \(=40\ \text{m}\). Perte \(=0{,}20\times 40=8{,}0\ \text{dB}\). Donc on corrige : \[ L_{2,\text{corr}}\approx 72{,}0-8{,}0=64{,}0\ \text{dB}. \] Ce modèle est volontairement simple mais montre qu’en grande distance, l’air et les matériaux peuvent beaucoup compter.
Doppler léger (observateur qui se rapproche). L’enceinte est immobile, l’observateur se rapproche à \(v_o=2{,}0\ \text{m·s}^{-1}\). \[ f'=f\frac{c+v_o}{c}=f\left(1+\frac{v_o}{c}\right). \] Donc \[ f'=500\left(1+\frac{2}{340}\right)=500(1+0{,}00588)\approx 503\ \text{Hz}. \] La variation est petite, mais elle est mesurable avec un bon analyseur de spectre.
Discussion. Dans une vraie salle, l’onde se réfléchit sur les murs, le sol, le plafond : on reçoit un mélange d’ondes directes et réfléchies, ce qui peut augmenter ou diminuer localement le niveau. Les matériaux et le public absorbent aussi une partie de l’énergie (surtout dans les aigus), ce qui modifie l’atténuation. Enfin, les enceintes ne rayonnent pas comme des points isotropes : il y a une directivité. Malgré ces effets, la règle \(-20\log_{10}(r_2/r_1)\) reste excellente car elle capture le mécanisme géométrique principal : l’énergie se répartit sur des surfaces de plus en plus grandes quand on s’éloigne.
Exercice n°8 🌶️🌶️🌶️ (MMC : vibration, déformation et contraintes dans un solide) ❤️
Une onde sonore correspond à des variations de pression dans l’air. Dans un solide, une vibration correspond à une déformation locale : les points du solide se déplacent, et cela crée des contraintes internes.
On modélise une paroi métallique (ou une plaque rigide) excitée par une enceinte. Dans une zone proche de la plaque, la vibration est principalement longitudinale suivant \(x\). On considère un petit élément de matière et on modélise le déplacement par
\[ u(x,t) = A\cos(kx-\omega t), \] où \(u\) est le déplacement suivant \(x\), \(A\) l’amplitude, \(k\) le nombre d’onde et \(\omega\) la pulsation.
On se place dans l’approximation des petites déformations. On admet qu’en 1D, la déformation (au sens “allongement relatif”) vaut
\[ \varepsilon_{xx}(x,t) \approx \frac{\partial u}{\partial x}. \]
On suppose que le matériau est élastique linéaire en traction-compression 1D, avec une loi de Hooke simplifiée :
\[ \sigma_{xx}(x,t) = E\,\varepsilon_{xx}(x,t), \] où \(E\) est le module de Young.
Données numériques : \(A = 2{,}0\times 10^{-6}\ \text{m}\), \(f=200\ \text{Hz}\), \(c_s = 5{,}0\times 10^3\ \text{m·s}^{-1}\) (célérité de l’onde dans le solide), \(E = 210\ \text{GPa}\) (acier), avec \(k=\dfrac{2\pi}{\lambda}\) et \(\lambda = \dfrac{c_s}{f}\).
1) Expliquer ce que représente \(u(x,t)\). Dire pourquoi une vibration dans un solide peut être vue comme une onde mécanique.
2) Calculer \(\lambda\), puis \(k\) et \(\omega\). Donner les valeurs numériques.
3) Calculer \(\varepsilon_{xx}(x,t)\) en dérivant \(u(x,t)\) par rapport à \(x\). En déduire l’amplitude maximale de déformation \(\varepsilon_{\max}\).
4) En déduire l’amplitude maximale de contrainte \(\sigma_{\max}\). Comparer \(\sigma_{\max}\) à \(200\ \text{MPa}\) (ordre de grandeur d’une limite élastique d’acier courant) et conclure : est-ce que la vibration seule risque de plastifier ?
5) Discussion (MMC). La contrainte calculée est une contrainte normale \(\sigma_{xx}\). Expliquer ce que serait une contrainte de cisaillement \(\tau_{xy}\), et donner un exemple de vibration qui pourrait plutôt créer du cisaillement.
6) Aller plus loin. On se place maintenant en 3D : on considère le tenseur des déformations (petites déformations) \[ \boldsymbol{\varepsilon}= \begin{pmatrix} \varepsilon_{xx} & \varepsilon_{xy} & \varepsilon_{xz}\\ \varepsilon_{yx} & \varepsilon_{yy} & \varepsilon_{yz}\\ \varepsilon_{zx} & \varepsilon_{zy} & \varepsilon_{zz} \end{pmatrix}, \quad \varepsilon_{xy}=\varepsilon_{yx}. \] Si la vibration est purement longitudinale en \(x\) et qu’on néglige tout le reste, écrire \(\boldsymbol{\varepsilon}\) puis donner ses valeurs propres (déformations principales). Interpréter.
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Pour 1D : \(\varepsilon_{xx}=\dfrac{\partial u}{\partial x}\). Dérive \(\cos(kx-\omega t)\) : ça donne un \(-\sin(\cdot)\) et un facteur \(k\).
\(\lambda=\dfrac{c_s}{f}\), puis \(k=\dfrac{2\pi}{\lambda}\) et \(\omega=2\pi f\).
En 3D, si seule \(\varepsilon_{xx}\neq 0\), le tenseur est diagonal avec un seul terme non nul : les valeurs propres sont simplement les éléments diagonaux.
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\(u(x,t)\) représente le déplacement d’un point du solide situé à la position \(x\) (par rapport à sa position d’équilibre). Quand \(u\) varie avec \(x\) et \(t\), cela signifie que le mouvement n’est pas identique partout et qu’une perturbation se propage : c’est une onde mécanique dans la matière.
On calcule d’abord la longueur d’onde : \[ \lambda=\frac{c_s}{f}=\frac{5{,}0\times 10^3}{200}=25\ \text{m}. \] Donc \[ k=\frac{2\pi}{\lambda}=\frac{2\pi}{25}\approx 0{,}251\ \text{rad·m}^{-1}. \] Et \[ \omega=2\pi f=2\pi\times 200\approx 1{,}26\times 10^3\ \text{rad·s}^{-1}. \]
On dérive : \[ \varepsilon_{xx}(x,t)=\frac{\partial u}{\partial x} =\frac{\partial}{\partial x}\left(A\cos(kx-\omega t)\right) =-Ak\sin(kx-\omega t). \] La fonction \(\sin\) varie entre \(-1\) et \(+1\). L’amplitude maximale de déformation vaut donc \[ \varepsilon_{\max}=Ak. \] Numériquement : \[ \varepsilon_{\max}=2{,}0\times 10^{-6}\times 0{,}251 \approx 5{,}0\times 10^{-7}. \] C’est une déformation relative très petite (de l’ordre du micro/million).
Hooke 1D : \[ \sigma_{xx}=E\varepsilon_{xx}. \] Donc l’amplitude maximale de contrainte vaut \[ \sigma_{\max}=E\varepsilon_{\max}. \] Avec \(E=210\ \text{GPa}=2{,}10\times 10^{11}\ \text{Pa}\), \[ \sigma_{\max}=2{,}10\times 10^{11}\times 5{,}0\times 10^{-7} \approx 1{,}05\times 10^{5}\ \text{Pa} =0{,}105\ \text{MPa}. \] À comparer à \(200\ \text{MPa}\) : la contrainte due à cette vibration est environ \(2000\) fois plus petite. Donc la vibration seule, avec ces paramètres, ne plastifie pas l’acier.
Discussion MMC. Une contrainte normale \(\sigma_{xx}\) correspond à une traction/compression perpendiculaire à une section. Une contrainte de cisaillement \(\tau_{xy}\) correspond à une force tangente à une section (glissement). Par exemple, une vibration où la face supérieure d’une plaque se déplace horizontalement pendant que la face inférieure est bloquée crée plutôt du cisaillement : c’est typique d’une déformation en “parallélogramme”.
Aller plus loin (3D). Si la vibration est purement longitudinale en \(x\), on a seulement \(\varepsilon_{xx}\neq 0\) et tous les autres termes sont négligés. Le tenseur devient \[ \boldsymbol{\varepsilon}= \begin{pmatrix} \varepsilon_{xx} & 0 & 0\\ 0 & 0 & 0\\ 0 & 0 & 0 \end{pmatrix}. \] Les valeurs propres (déformations principales) sont alors simplement \(\varepsilon_1=\varepsilon_{xx}\), \(\varepsilon_2=0\), \(\varepsilon_3=0\). Interprétation : la déformation est “principalement” une traction/compression dans une direction, sans déformation principale dans les directions transverses (dans ce modèle simplifié).
Exercice n°9 🌶️🌶️🌶️ (MMC : contraintes principales, déviateur et “signature” d’une vibration) ❤️
On veut relier une situation de vibration à des outils MMC plus avancés : contraintes principales et décomposition hydrostatique / déviatorique.
On étudie un petit point d’une plaque qui subit, à un instant donné, l’état de contrainte (en MPa) suivant dans la base \((x,y,z)\) :
\[ \boldsymbol{\sigma}= \begin{pmatrix} 12 & 6 & 0\\ 6 & -4 & 0\\ 0 & 0 & 2 \end{pmatrix} \ \text{(MPa)}. \]
On rappelle que les contraintes principales sont les valeurs propres du tenseur des contraintes, et que la contrainte moyenne (hydrostatique) vaut \[ p=\frac{1}{3}\text{tr}(\boldsymbol{\sigma})=\frac{\sigma_{xx}+\sigma_{yy}+\sigma_{zz}}{3}. \] On définit le déviateur : \[ \boldsymbol{s}=\boldsymbol{\sigma}-p\boldsymbol{I}. \]
1) Calculer la trace \(\text{tr}(\boldsymbol{\sigma})\) puis la contrainte moyenne \(p\). Interpréter physiquement : que représenterait un tenseur purement hydrostatique ?
2) Calculer le déviateur \(\boldsymbol{s}\). Vérifier que \(\text{tr}(\boldsymbol{s})=0\). Pourquoi est-ce une propriété attendue ?
3) Déterminer les contraintes principales. On remarquera que la matrice est “bloc” : une partie 2D \((x,y)\) et une partie \(z\) séparée. Calculer donc d’abord les valeurs propres du bloc 2D.
4) Donner les directions principales dans le plan \((x,y)\). On pourra utiliser l’idée suivante : pour une valeur propre \(\sigma\), on résout \((\boldsymbol{\sigma}-\sigma\boldsymbol{I})\vec{n}=0\) et on en déduit un vecteur directeur \(\vec{n}\).
5) Discussion (niveau prépa). Dans beaucoup de critères de plasticité (type von Mises), c’est surtout le déviateur qui “compte”. Expliquer qualitativement pourquoi les contraintes de cisaillement (déviatoriques) sont plus “dangereuses” que la contrainte moyenne.
6) Lien vibration. Proposer un scénario simple où une plaque en vibration pourrait créer un état de contrainte avec à la fois \(\sigma_{xx}\) et \(\tau_{xy}\). Dire ce que ça signifie sur le type de mode (flexion, torsion, etc.).
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La matrice est bloc-diagonale en \(z\), donc une valeur propre est directement \(\sigma_{zz}=2\ \text{MPa}\).
Pour le bloc 2D : \[ \begin{pmatrix} 12 & 6\\ 6 & -4 \end{pmatrix} \] les valeurs propres vérifient \(\det(\boldsymbol{A}-\lambda\boldsymbol{I})=0\).
Déterminant : \((12-\lambda)(-4-\lambda)-36=0\).
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On calcule la trace : \[ \text{tr}(\boldsymbol{\sigma})=\sigma_{xx}+\sigma_{yy}+\sigma_{zz}=12+(-4)+2=10\ \text{MPa}. \] Donc \[ p=\frac{10}{3}\approx 3{,}33\ \text{MPa}. \] Un tenseur purement hydrostatique serait de la forme \(p\boldsymbol{I}\) : même contrainte normale dans toutes les directions, sans cisaillement. Physiquement, cela correspond à une pression uniforme (compression) ou une “tension” uniforme (si \(p>0\) en convention traction), sans tendance à faire glisser des plans l’un sur l’autre.
Déviateur : \[ \boldsymbol{s}=\boldsymbol{\sigma}-p\boldsymbol{I}= \begin{pmatrix} 12-p & 6 & 0\\ 6 & -4-p & 0\\ 0 & 0 & 2-p \end{pmatrix}. \] Avec \(p=10/3\), \[ 12-\frac{10}{3}=\frac{36-10}{3}=\frac{26}{3}\approx 8{,}67, \] \[ -4-\frac{10}{3}=\frac{-12-10}{3}=\frac{-22}{3}\approx -7{,}33, \] \[ 2-\frac{10}{3}=\frac{6-10}{3}=\frac{-4}{3}\approx -1{,}33. \] Donc \[ \boldsymbol{s}\approx \begin{pmatrix} 8{,}67 & 6 & 0\\ 6 & -7{,}33 & 0\\ 0 & 0 & -1{,}33 \end{pmatrix}\ \text{MPa}. \] La trace vaut \(8{,}67-7{,}33-1{,}33\approx 0\). C’est attendu car on a retiré la partie moyenne : le déviateur est par définition “sans trace”, il représente la partie qui change la forme (distorsion) mais pas le volume moyen.
Contraintes principales. Comme le bloc en \(z\) est indépendant, une valeur propre est \[ \sigma_3=\sigma_{zz}=2\ \text{MPa}. \] Pour le bloc 2D \[ \boldsymbol{A}= \begin{pmatrix} 12 & 6\\ 6 & -4 \end{pmatrix}, \] les valeurs propres \(\lambda\) vérifient \[ \det(\boldsymbol{A}-\lambda\boldsymbol{I})=0 \Rightarrow \det\begin{pmatrix} 12-\lambda & 6\\ 6 & -4-\lambda \end{pmatrix}=0. \] Donc \[ (12-\lambda)(-4-\lambda)-36=0. \] Développons : \[ (12-\lambda)(-4-\lambda)=12(-4-\lambda)-\lambda(-4-\lambda) =-48-12\lambda+4\lambda+\lambda^2 =\lambda^2-8\lambda-48. \] L’équation devient \[ \lambda^2-8\lambda-48-36=0 \Rightarrow \lambda^2-8\lambda-84=0. \] Discriminant : \[ \Delta = (-8)^2-4\times 1\times (-84)=64+336=400. \] Donc \(\sqrt{\Delta}=20\), et \[ \lambda=\frac{8\pm 20}{2}. \] Ainsi \[ \lambda_1=\frac{28}{2}=14\ \text{MPa},\quad \lambda_2=\frac{-12}{2}=-6\ \text{MPa}. \] Les contraintes principales sont donc \(14\ \text{MPa}\), \(-6\ \text{MPa}\), \(2\ \text{MPa}\) (à ordonner si besoin : \(\sigma_I=14\), \(\sigma_{II}=2\), \(\sigma_{III}=-6\)).
Directions principales dans \((x,y)\). Pour \(\lambda_1=14\), on résout \[ (\boldsymbol{A}-14\boldsymbol{I})\vec{n}=0 \Rightarrow \begin{pmatrix} 12-14 & 6\\ 6 & -4-14 \end{pmatrix} \begin{pmatrix}n_x\\ n_y\end{pmatrix}=0 \Rightarrow \begin{pmatrix} -2 & 6\\ 6 & -18 \end{pmatrix} \begin{pmatrix}n_x\\ n_y\end{pmatrix}=0. \] La première ligne donne \(-2n_x+6n_y=0\Rightarrow n_x=3n_y\). On peut choisir \(n_y=1\), donc \(\vec{n}_1=(3,1)\) (direction principale associée à 14 MPa).
Pour \(\lambda_2=-6\) : \[ (\boldsymbol{A}+6\boldsymbol{I})= \begin{pmatrix} 18 & 6\\ 6 & 2 \end{pmatrix}. \] Première ligne : \(18n_x+6n_y=0\Rightarrow 3n_x+n_y=0\Rightarrow n_y=-3n_x\). On peut prendre \(n_x=1\), donc \(\vec{n}_2=(1,-3)\) (direction principale associée à -6 MPa). On remarque que les directions sont orthogonales (produit scalaire \(3\times 1 + 1\times (-3)=0\)), ce qui est normal pour un tenseur symétrique.
Discussion. Les contraintes moyennes (hydrostatiques) tendent surtout à changer le volume (compression/expansion), tandis que les composantes déviatoriques créent des distorsions (cisaillements) qui “font glisser” les plans de matière. Or la plasticité et l’endommagement dans beaucoup de métaux sont fortement liés aux mécanismes de glissement cristallin : ce sont donc les effets de cisaillement qui déclenchent plus facilement des déformations irréversibles, d’où l’importance du déviateur dans des critères comme von Mises.
Lien vibration. Une plaque en flexion (mode de flexion) crée des tractions/compressions selon l’épaisseur, donc des \(\sigma_{xx}\) (ou \(\sigma_{yy}\)) alternées. Une vibration avec torsion ou une flexion non symétrique peut aussi créer des cisaillements \(\tau_{xy}\) : cela signifie que localement, des couches de matière tendent à glisser les unes par rapport aux autres, en plus de l’allongement/compression.